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Colonisation de Mars
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La colonisation de Mars par l'ĂȘtre humain, c'est-Ă -dire l'installation d'une communautĂ© humaine autonome sur cette planĂšte est un thĂšme classique de science-fiction et constitue un projet qui connait dans les annĂ©es 2010 un engouement populaire important. Mars est de toutes les planĂštes du systĂšme solaire (sauf, Ă©videmment, la Terre), celle qui prĂ©sente les conditions les plus favorables pour l'installation de l'ĂȘtre humain. La tempĂ©rature en surface prĂ©sente des extrĂȘmes moins Ă©levĂ©s, une atmosphĂšre tĂ©nue fournit une certaine protection contre les rayonnements nocifs et constitue une source potentielle d'oxygĂšne, tandis que l'eau est prĂ©sente sous forme de glace, de vapeur ou de liquide en profondeur. AprĂšs VĂ©nus, c'est la planĂšte la moins difficile Ă  atteindre depuis la Terre par l'Ă©nergie nĂ©cessaire et sa proximitĂ©, le transit vers la planĂšte durant de sept Ă  huit mois. Le projet de colonisation de Mars est portĂ© par un mouvement induit par les entrepreneurs du New Space et parait pour certains une rĂ©ponse aux prĂ©occupations croissantes concernant l'avenir de l'humanitĂ© sur Terrecite-ref-1[1]cite-ref-2[2].

Pour les dĂ©cennies Ă  venir, l'installation sur le sol martien d'un Ă©quipage d'astronautes, pour une durĂ©e limitĂ©e, se heurte Ă  des problĂšmes techniques (atterrissage et retour sur Terre dans des conditions acceptables, production des consommables au sol) et financiers non rĂ©solus. Une installation permanente soulĂšve quant Ă  elle le problĂšme de la viabilitĂ© Ă©conomique et de l'adaptation de la physiologie humaine Ă  une gravitĂ© beaucoup plus faible et Ă  nettement plus d'irradiation. Par ailleurs, l'attractivitĂ© d'un monde complĂštement stĂ©rile dans lequel les ĂȘtres humains sont fortement entravĂ©s dans leur libertĂ© de dĂ©placement et condamnĂ©s Ă  un mode de vie austĂšre semble faible.

Contents

‱ Installation
‱ Galerie
‱ Voir aussi

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Comparaison de Mars et de la Terre

Similitudes avec la Terre

Alors que la Terre ressemble beaucoup à sa voisine Vénus en termes de taille, les similitudes entre Mars et la Terre sont beaucoup plus intéressantes dans l'optique d'une colonisation :

‱ le jour martien (ou sol) a une durĂ©e trĂšs proche du jour terrestre avec 24 heures 39 minutes et 35,244 secondescite-ref-3[3] ;
‱ la surface de Mars reprĂ©sente 28,4 % de celle de la Terre, soit lĂ©gĂšrement moins que la surface des terres Ă©mergĂ©es sur notre planĂšte (29,2 % de la surface terrestre) ;
‱ Mars a une inclinaison de l'axe de 25,19° et la Terre de 23,44°. Comme la Terre, Mars a des saisons ; cependant, l'annĂ©e martienne faisant 1,88 annĂ©e terrestre, elles durent significativement plus longtemps ;
‱ Mars a une atmosphĂšre : bien que trĂšs faible (environ 0,7 % de l'atmosphĂšre terrestre), elle peut fournir quelque protection contre les radiations solaires et les rayons cosmiques ; l'atmosphĂšre martienne a aussi Ă©tĂ© utilisĂ©e avec succĂšs pour l'aĂ©rofreinage de sondes spatiales ;
‱ les observations du Mars Exploration Rover de la NASA et de Mars Express de l'ESA confirment la prĂ©sence d'eau sur Mars sous forme de glace, de vapeur et de liquide en profondeur. Mars contient en quantitĂ©s significatives tous les Ă©lĂ©ments chimiques nĂ©cessaires Ă  la vie. L'eau est de nos jours prĂ©sente dans les calottes polaires et dans le sous-sol. Les observations effectuĂ©es par satellite ont dĂ©tectĂ© des Ă©coulements sporadiques d'eau salĂ©e liquide (saumures) Ă  la surface de la planĂštecite-ref-4[4].

Différences

Il existe de grandes différences entre la Terre et Mars :

‱ l’énergie solaire atteignant la haute atmosphĂšre de Mars (la constante solaire) est seulement la moitiĂ© de celle qui atteint la Terre. Toutefois, au sol, la quantitĂ© reçue en moyenne est du mĂȘme ordre, car l’atmosphĂšre martienne filtre moins le rayonnement (moins de rĂ©flexion atmosphĂ©rique et moins de nuages) ;
‱ la gravitĂ© de surface sur Mars est seulement 38 % de celle de la Terre (3,71 contre 9,81 m/s2)cite-ref-5[5]. Bien que la microgravitĂ© soit connue pour causer des problĂšmes de santĂ© tels qu'une perte musculaire et de la dĂ©minĂ©ralisationcite-ref-wired-20140212-6-0[6]cite-ref-7[7], il n'est pas Ă©tabli que la gravitĂ© martienne ait le mĂȘme effet. Le Mars Gravity Biosatellite Ă©tait un projet visant Ă  apprendre quels seraient les effets de la faible gravitĂ© de surface martienne sur les ĂȘtres humainscite-ref-8[8] ;
‱ bien que des organismes extrĂ©mophiles survivent dans des conditions hostiles sur la Terre, dont des simulations de l'atmosphĂšre martienne, peu de plantes et animaux peuvent survivre aux conditions existantes Ă  la surface de Marscite-ref-9[9] ;
‱ la pression atmosphĂ©rique sur Mars est trop basse pour permettre la survie d’ĂȘtres humains sans combinaison spatiale pressurisĂ©e ;
‱ le climat de Mars est bien plus froid que celui de la Terre avec une tempĂ©rature moyenne de −63 °C et des minimales de −140 °Ccite-ref-10[10]cite-ref-11[11]. La tempĂ©rature la plus froide enregistrĂ©e sur Terre est de −93,2 °C en Antarctique ;
‱ la prĂ©sence d'eau en surface n'est que transitoire et que sous certaines conditions. En effet, il faut des conditions de pression satisfaisante ainsi qu'une distance par rapport au Soleil pas trop Ă©levĂ©e ni trop faible pour que l'eau liquide soit possible Ă  la surface d'une planĂštecite-ref-12[12]cite-ref-nasa-20131210-13-0[13] ;
‱ l’excentricitĂ© orbitale martienne est plus grande que celle de la Terre, augmentant les variations de tempĂ©rature suivant la position de la planĂšte sur son orbite ;
‱ l’atmosphĂšre martienne a une pression partielle de dioxyde de carbone de 0,71 kPa contre 0,037 kPa sur Terre. L'empoisonnement au CO2 (hypercapnie) commence, chez l'ĂȘtre humain, Ă  environ 0,10 kPa. MĂȘme pour les plantes, la prĂ©sence de plus de 0,15 kPa de CO2 est toxique. Cela signifie que l'air martien est toxique pour les plantes et les animaux mĂȘme avec une pression rĂ©duitecite-ref-14[14] ;
‱ Mars n’a pas de magnĂ©tosphĂšre pour minimiser les effets du vent solaire. D’aprĂšs la sonde Mars Odyssey, les radiations en orbite martienne sont 2,5 fois plus fortes que celles atteignant la Station spatiale internationale. Au niveau de la surface, les radiations sont toutefois attĂ©nuĂ©es par la planĂšte du cĂŽtĂ© non exposĂ© au soleil et par l’atmosphĂšre de l’autre. Dans le cas d’éruption solaire, les doses de radiations peuvent ĂȘtre trĂšs Ă©levĂ©es mais elles pourraient ĂȘtre dĂ©tectĂ©es Ă  temps grĂące Ă  un rĂ©seau de satellites. On mesure mal le niveau de nocivitĂ© des radiations. Le consensus est, qu’à l’exception des Ă©ruptions solaires protoniques, il n’y a pas de risques majeurs immĂ©diats pour un voyage vers Mars ou une colonisation.

Risques liés au voyage vers Mars

Selon une Ă©tude de la NASA publiĂ©e dans la revue Science en 2013, qui s'appuie sur des informations collectĂ©es par le vaisseau Mars Science Laboratory, un vol vers Mars ferait subir aux astronautes des doses de radiations dans la limite, voire au-delĂ , de l'acceptable : sans de nouveaux moyens plus rapides de propulsion, donc pour un voyage aller-retour estimĂ© Ă  360 jours, les astronautes subiraient une dose estimĂ©e Ă  662 millisieverts (mSv), sachant qu'un astronaute ne peut pas ĂȘtre exposĂ© Ă  plus de 1 000 mSv durant toute sa carriĂšre, et que l'homme sur Terre reçoit une dose de 1 Ă  30 mSv par an, voire, ponctuellement, jusqu’à 50 mSvcite-ref-parisien2013-15-0[15]cite-ref-huet2013-16-0[16]. Cette dose de 660 mSv correspond par exemple aux deux doses les plus fortes subies par les travailleurs de la centrale nuclĂ©aire de Fukushima Daiichi lors de l'accident qui l'a touchĂ©e en 2011, le maximum Ă©tant de 678 mSv (contre 20 mSv pour la dose acceptĂ©e pour un travailleur du nuclĂ©aire par an en France)cite-ref-huet2013-16-1[16]. Selon Cary Zeitlin, l'un des principaux auteurs de cette Ă©tude, cela « Ă©quivaut Ă  subir un scanner complet du corps tous les cinq ou six jours »cite-ref-parisien2013-15-1[15]. L'Ă©tude souligne en outre que cette Ă©valuation devrait ĂȘtre fortement rehaussĂ©e en cas de survenue, durant le voyage, d’une forte Ă©ruption solaire dirigĂ©e vers le vĂ©hicule, sachant qu'elles sont imprĂ©visibles sur plusieurs moiscite-ref-huet2013-16-2[16]. Cary Zeitlin ajoute cependant que notre comprĂ©hension des effets des rayons cosmiques sur le corps humain restent « limitĂ©es »cite-ref-parisien2013-15-2[15].

Contraintes pour l'installation humaine

Installation

Les conditions à la surface de Mars sont plus proches des conditions sur Terre en termes de température et de pression atmosphérique que celles d'autres planÚtes ou lunes, à l'exception de la région supérieure des nuages de Vénuscite-ref-17[17]. Toutefois, la surface reste inhospitaliÚre pour l'homme et la plupart des organismes vivants du fait de la pression atmosphérique réduite et du peu d'oxygÚne (0,1 % d'oxygÚne).

En 2012, des expĂ©riences ont semblĂ© montrer que certains lichens et cyanobactĂ©ries avaient survĂ©cu et dĂ©montrĂ© une capacitĂ© d'adaptation remarquable Ă  la photosynthĂšse aprĂšs 34 jours simulant les conditions de vie sur Mars dans le laboratoire de simulation de Mars du Deutsches Zentrum fĂŒr Luft- und Raumfahrtcite-ref-skymania-20120426-18-0[18]cite-ref-egu-20120426-19-0[19]cite-ref-dlr-20-0[20]. Certains scientifiques pensent que les cyanobactĂ©ries pourraient jouer un rĂŽle dans le dĂ©veloppement d'une base autonome sur Marscite-ref-verseux2015-21-0[21]. Ils proposent que des cyanobactĂ©ries soient utilisĂ©es directement Ă  diverses fins, dont la production de nourriture, de carburant et d'oxygĂšne ; mais aussi, indirectement, le produit de leur culture pourrait permettre la croissance d'autres organismes, ouvrir la voie Ă  un ensemble de processus biologiques permettant la vie sur la base des ressources martiennescite-ref-verseux2015-21-1[21].

Les Hommes ont explorĂ© sur Terre des rĂ©gions partageant les mĂȘmes conditions que Mars. Selon les donnĂ©es de la NASA, les tempĂ©ratures sur Mars Ă  faible altitude sont similaires Ă  celles de l'Antarctiquecite-ref-22[22]. La pression atmosphĂ©rique mesurĂ©e par les ballons stratosphĂ©riques habitĂ©s (35 km en 1961cite-ref-23[23], et 38 km en 2012) est similaire Ă  celle de la surface de Marscite-ref-24[24].

Sites possibles de colonisation

Deux principaux types de sites retiennent l'attention comme lieux potentiels d'une colonisation : les grottes des régions équatoriales et les tunnels de lave.

Mars Odyssey a dĂ©couvert ce qui semblait ĂȘtre l'entrĂ©e de grottes sur Arsia Mons. L'hypothĂšse a Ă©tĂ© Ă©mise que les colons pourraient bĂ©nĂ©ficier de l’abri que ces grottes ou structures similaires pourraient offrir contre les radiations et les micromĂ©tĂ©orites. De l'Ă©nergie gĂ©othermique pourrait Ă©galement ĂȘtre prĂ©sente dans les rĂ©gions Ă©quatorialescite-ref-25[25].

Plusieurs des tunnels localisés sont sur Arsia Mons. Les exemples similaires sur Terre montrent qu'il pourrait s'agir de passages longs offrant une protection complÚte des radiations et relativement facile à sceller en utilisant le matériel disponible sur site, particuliÚrement dans les petites sectionscite-ref-26[26].

Terraformation

Il y a beaucoup de discussions sur la possibilitĂ© de terraformer Mars pour permettre Ă  un ensemble d'organismes, dont l'ĂȘtre humain, de survivre Ă  la surface de Mars sans l'aide de la technologiecite-ref-27[27].

Ce processus nĂ©cessiterait deux grandes Ă©tapes : une augmentation de la pression atmosphĂ©rique et de la tempĂ©rature Ă  la surface, puis une augmentation du taux de dioxygĂšne ambiant pour atteindre la pression partielle de 120 hectopascals d'O2 nĂ©cessaire Ă  la survie d'un mammifĂšre de taille humaine. Cependant, plusieurs paramĂštres inhĂ©rents Ă  cette planĂšte rendent les espoirs de terraformation peu rĂ©alistes, notamment sa faible gravitĂ©, qui l'empĂȘche de retenir une atmosphĂšre, et l'absence de magnĂ©tosphĂšre, qui l'expose au vent solaire et aux rayonnements cosmiques hostiles Ă  la viecite-ref-28[28].

Communication

Les communications radio entre la Terre et Mars sont fortement handicapĂ©es par la distance entre ces deux corps et les limites imposĂ©es Ă  la propagation du signal radio par la vitesse de la lumiĂšre. La durĂ©e aller/retour d'une communication va de 6,5 minutes quand les deux planĂštes sont au plus proche (distance d'environ 60 millions km), jusqu'Ă  44 minutes quand elles sont en conjonction supĂ©rieure (environ 400 millions km). La communication peut ĂȘtre difficile sinon impossible pendant quelques jours Ă  chaque pĂ©riode synodique, au moment de la conjonction supĂ©rieure quand le Soleil est directement entre Mars et la Terre.

Astronautes modifiés génétiquement

La modification génétique des colons martiens est une piste envisagée pour rendre la colonisation de Mars possible. Parmi les améliorations envisagées figurent la synthÚse des acides aminés que le corps humain ne produit normalement pas, la capacité de résister aux radiations, une meilleure régénération osseuse, la capacité de se nourrir exclusivement d'eau sucrée, etccite-ref-29[29]cite-ref-30[30].

Projets d'installation sur Mars

En 2012, le projet Mars One invitait chacun à postuler pour devenir colon martien, avec un objectif d'installation d'une colonie pour 2032. L'entreprise a été déclarée en faillite le 15 janvier 2019cite-ref-31[31]cite-ref-32[32].

Le principal objectif énoncé par Elon Musk pour son entreprise SpaceX est de rendre possible la colonisation de Mars en fournissant des moyens de transport pour « aider l'humanité à établir une colonie permanente et autonome sur Mars au cours des 50 à 100 prochaines années »cite-ref-33[33]. Le projet Red Dragon ferait la démonstration technologique de la possibilité du voyage. En 2016, Elon Musk dévoile sa vision de la colonisation de Mars, impliquant des centaines de lanceurs réutilisables, emportant chacune de 100 à 250 colonscite-ref-34[34].

L'astrophysicien Adam Becker (en), critique le projet de colonisation de Mars et affirme que mĂȘme en cas de catastrophe, la Terre resterait plus viable que Marscite-ref-35[35].La terraformation de Mars Ă©tant impossible dans l'Ă©tat actuel des connaissances et des technologies, compte tenu de sa faible attraction gravitationnelle, il est illusoire de croire cette planĂšte puisse dans un jour proche servir de refuge pour l'humanitĂ©. Ce constat amĂšne certains Ă  penser qu'il serait prĂ©fĂ©rable que l'humanitĂ© investisse dans la protection de l'environnement, qui est bien plus urgente que la prĂ©sence humaine sur une planĂšte inhabitable en utilisant les prĂ©cieuses ressources de la Terrecite-ref-36[36]cite-ref-37[37]cite-ref-38[38]cite-ref-39[39].

Galerie

Références

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Voir aussi

Bibliographie

En français

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En anglais

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Articles connexes
Liens externes

‱ (en) The Planetary Society
‱ (en) Mars Foundation
‱ (en) Mars Society
‱ (en) Google Mars

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